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   Un Témoignage poignant d'Arnaud Lejeune
10/02/2015

Arnaud Lejeune est absent depuis quasi deux ans des circuits. On le savait blessé et nous avons voulu prendre de ses nouvelles et savoir s'il serait de retour sur les chemins prochainement.

Tu es absent des circuits trail, peux tu nous dire en plus ?

En fait, J’ai couru toute l’année 2013 en ayant des douleurs au dos qui venaient et disparaissaient et durant une course à étapes au Pérou organisé par mon ami Christophe Le Saux fin Octobre 2013, j’ai ressentis de très fortes douleurs en bas du dos et Sacro-iliaques. J’ai fini la course et lorsque je suis rentré à la maison j’ai donc arrêté de courir et je me suis reposé durant un bon mois. Mais quand j’ai repris au mois de décembre le ski-alpinisme les douleurs sont revenues tout de suite.Et cela a été le début d’un long trail dans les couloirs des médecins, hôpitaux, ostéo, kiné… jusqu’à aujourd’hui encore. Après plusieurs examens, une fracture du sacrum au bout de 3, 4 mois est détectée et mes articulations sacro-iliaques semblent abimées. Après 6 mois de repos et de soins, à la grande surprise des médecins, aucune évolution positive et pourtant j’étais confiant car j’avais de très bonnes sensations.

A ce moment précis le problème devient plus problématique car les médecins, radiologues, professeurs, spécialistes… n’arrivent pas à savoir pourquoi j’ai ce problème, et pourquoi je ne guéris pas. Est-ce une maladie dégénérative, un problème mécanique, autre chose ? Ils sont incrédules devant mon cas car ils n’ont jamais vu cette pathologie auparavant. Ils décident de tenter un traitement qu’ils n’ont jamais essayé auparavant, sur 5 mois avec piqûres tous les matins. J’ai le droit de refaire des activités sportives à la sensation à condition de stopper si douleurs en privilégiant les sports portés comme le vélo ou la natation. Cinq mois plus tard, légère amélioration de la fracture mais les articulations sacro-iliaques restent abîmées voir plus encore. Les douleurs restent présentent dès que je pratique la course à pied et sont de plus en plus fortes pendant l’activité et surtout les heures qui suivent donc j’évite de courir. J’essaie de temps à autre pour voir si c’est mieux ou pas. Voilà, à ce jour, je souffre toujours et ne peut pas courir. Heureusement, le vélo et surtout le ski alpinisme en ce moment me permettent de me défouler sans douleurs. Je dois désormais encore patienter quatre mois avant un prochain examen. C’est plus le fait de ne pas savoir ce que j’ai et que personne ne trouve qui est inquiétant.

La compétition te manque ? Si oui comment as tu pallié à ce manque ?
La compétition m’a manquée beaucoup au début, et d’ailleurs pour dire la vérité c’était pas facile psychologiquement à vivre. Je voulais guérir tout de suite, garder la condition car j’étais inscrit à plusieurs courses et je voulais tout faire pour y participer et puis j’ai annulé ma participation course après course. Dur, dur à vivre pour moi et mon entourage.
J’étais de mauvaise humeur au travail, à la maison, pas loin de la déprime mais heureusement j’ai toujours eu un fort mental ce qui aide dans ces situations mais je peux croire que certaines personnes plus fragiles peuvent craquer. Tu as beau relativisé, ce n’est pas une maladie grave, beaucoup ont beaucoup moins de chance que toi… mais c’est toujours difficile d’être confronté à ces propres problèmes même si ceux-ci sont loin d’être graves. Avec le temps la compétition me manque de moins en moins, j’ai beaucoup relativisé et je me fais à l’idée que je ne ferais peut-être plus jamais de trail. Heureusement que je peux faire tout de même d’autres sports mais ceux-ci me motivent moins pour des objectifs compétitions. D’ailleurs je fais juste quelques courses en ski-alpinisme. J’essaie également d’être plus présent pour ma femme et mes 2 filles, ma famille et amis proches qui m’ont toujours soutenus dans les bons et mauvais moments. J’étais un peu focalisé sur ma pratique du trail, la tête baissé en laissant le reste peut-être trop de côté. Ceci-dit si l’occasion et surtout si la santé me le permet dans le futur, je reprendrai le départ des trails.

Penses tu que c est dû à l enchainement de compétition sur des longues distances lors des années 2011 et 2012 ?
Les Médecins pensent que ces problèmes ne sont pas dus à l’enchaînement des compétitions car cela se serait déjà remis. Le fait que je ne guérisse pas est dû à autre chose, comme une faiblesse osseuse, une anomalie osseuse, peut-être une maladie osseuse ou un choc violent (mais je n’ai pas le souvenir). Selon eux cela devait arriver de toute façon enchaînement ou pas des compétitions.


Si tu pouvais revenir dans le passé, tu changerais quelques choses ?
Non, surtout pas. J’ai atteins largement les objectifs que je m’étais fixé en trail. Lorsque j’ai commencé le trail en 2010 mon objectif était de participer et d’être finisher du trail des Allobroges dans mon village, pour ensuite avoir les points pour faire la CCC et en point final être finisher un jour de l’UTMB. J’étais loin de penser que je ferais d’aussi belles performances. Du coup, J’ai pu faire de nombreuses courses que je n’avais pas spécialement programmées, comme la Diagonale des Fous ou l’UTAT, et me faire tout de même un joli palmarès même si ce n’était vraiment pas le but en soi. Mais il est vrai que l’appétit vient en mangeant et que j’aimerai faire encore quelques belles courses ici et ailleurs. En plus, j’ai pu intégrer le team HOKA one one ou j’ai rencontré des personnes riches et qui restent à mes côtés et me soutiennent encore aujourd’hui malgré que je suis sur la touche depuis plus de 15 mois. Grâce à eux je garde l’espoir et l’envie de pouvoir reprendre le chemin des sentiers et de représenter au mieux cette marque qui me tient vraiment à cœur. J’aimerai ajouter également le soutient de +WATT produits énergétiques, et de Compressport qui continue également avec moi pour le moment. Sinon le trail a été très riches pour moi depuis 2010 car cette pratique m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes, de visiter beaucoup de pays, d’évoluer sur de magnifiques sentiers, dans des paysages somptueux… Donc NON, je ne changerai rien.

Tu aurais des conseils aux coureurs qui cumulent les ultras à longueur d'année ?
Non, je n’ai surtout pas la prétention de donner des conseils. Chacun est différent, certains peuvent courir des ultras tous les 15 jours sans soucis, sans blessures, sans fatigue et d’autres connaissent rapidement des problèmes de blessure, des difficultés de récupération après les courses. Chacun est différent et l’inégalité physique de chacun est un constat, chacun doit faire selon son ressentis et ne jamais se comparer a un autre.  Il faut faire comme on le sent. Par contre, je peux raconter un peu mon histoire  comme dans cette interview, et si cela pourra peut-être servir à d’autres qui traversent comme moi des soucis physiques qui ont du mal ou qui ne peuvent pas être soignés. J’ai cherché pas mal sur internet des histoires de sportifs qui traversent ce problème de blessure longue, voit très longue mais je n’ai pas trouvé beaucoup. Si je peux aider un peu avec mes ressenti, tant mieux.

Te reverra t on sur les sentiers prochainement ?
Je comptais reprendre en 2015, mais cela est très compromis pour le moment. Je ne prévois plus de dates. Je verrai au jour le jour tout en continuant les sports qui ne me font pas souffrir et qui me donnent du plaisir. Et puis on ne sait jamais peut-être que je me retrouverai au départ d’un trail voir d’un ultra trail un jour…




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