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   La Traversée des Pyrénées
07/08/2013

Après la grande traversée des Pyrénées  !

800 km et 55 000D+ en 12 jours !

Retrouvez en exclusivité sur l'URW, Mikael et Frédéric en ITW !

Samedi 6 juillet

Trail Verbier St Bernard (Suisse) Départ à 5h sur le 110 km pour Fred qui abandonnera malheureusement à 6 km de l’arrivée pour un gros coup de chaleur et une cuisse brûlée par les glissades sur la neige…

4ème place pour Mika sur le 61km entre La Fouly et Verbier, une semaine seulement après le marathon du Mont Blanc à Chamonix

Après une bonne douche......

C'es ainsi que commence le récit de cette fabuleuse aventure humaine entre deux copains d'un même Team "New Balance"

 

 

Samedi 6 juillet

Trail Verbier St Bernard (Suisse)

Départ à 5h sur le 110 km pour Fred qui abandonnera malheureusement à 6 km de l’arrivée pour un gros coup de chaleur et une cuisse brûlée par les glissades sur la neige…

4ème place pour Mika sur le 61km entre La Fouly et Verbier, une semaine seulement après le marathon du Mont Blanc à Chamonix

Après une bonne douche (merci à Jean Joyeux d’Ergysport!) et un repas rapidement avalé, nous prenons congé de la sympathique bande d'Ergysport et  attaquons la route vers 23h entre Verbier puis Chamonix et Albertville où nous passons la nuit vers 1h du matin. Sage décision que de commencer la route vers Banyuls sur Mer de nuit ce qui nous permet d’éviter la dense circulation au niveau de Chamonix et des gorges de l’Arly.

Dimanche 7 juillet

Cette journée est consacrée à rejoindre la ville de Banyuls sur Mer dans les Pyrénées-Orientales, ville où nous poserons notre voiture et qui sera l’arrivée de notre traversée. Petite pause repas à Montpellier et arrivée vers 17H. A la gare de Banyuls nous prenons notre 1er fou rire en annonçant notre trajet (Banyuls sur mer – Hendaye) à l’employée de la SNCF….

Peu après, nous nous installons dans notre hôtel, garons la voiture en sécurité, préparons nos sacs et prenons un dernier repas au bord de la plage. La tension est là, mélange de peur et d’excitation, la nuit sera courte, le départ du train est fixé aux alentours de 6h le lendemain.

Lundi 8 juillet : Etape 1, Hendaye-Sare, 33km

En tenue de course à pied New Balance, sac sur le dos, c’est parti pour une journée de train jusqu’au départ de notre traversée sur la plage d’Hendaye : Narbonne, Toulouse, Agen, Bordeaux, Bayonne…  : nous prenons peu à peu la mesure du périple qui nous attend..puis toute la côte basque et enfin, vers 16h, gare d’Hendaye. Petit tour à la poste où nous déposons un colis avec des chaussures de rechange et pêle mêle nos affaires personnelles pour Sébastien Buffard (team Brooks) qui passera quelques jours avec nous.

A 17h, nous commençons le gr 10 sous un soleil de plomb : nous franchissons les 1ères difficultés (500m d’altitude) et passons à proximité du sommet de la Rhune où passe le train touristique qui offre un panorama magnifique sur le pays basque. L’allure est difficile, nous ressentons les séquelles de notre course et nous restons prudents dans la descente vers Sare où nous passerons la nuit. A 21h nous rencontrons nos 1èrs difficultés : impossible de se restaurer, tant pis, ce sera un bout de pain avec quelques biscuits que nous avons ! Le ton est donné, la fatigue est là, nous nous endormons rapidement, le réveil est programmé à 5h et le sera tout au long de la traversée. L'état d'esprit à ce moment de la course est un doux mélange d'envie, d'angoisse et de volonté d'avancer. Nous avons glissé du temps de l'attente à celui de la réalité : notre rêve se concrétise et il s'agira de le mener jusqu'au bout...

Mardi 9 juillet : Etape 2, Sare-Esterençuby, 80km

Le réveil est laborieux, mais nous nous mettons rapidement en tenue et partons vers 5h30, le petit-déjeuner est avalé en marchant, la café nous manque et nous nous rendrons compte  qu’il sera indispensable de prendre une vraie collation avant de partir. Les moments de repos seront rares et il faudra les apprécier. Comme dira plus tard notre ami l'âne, qui veut aller loin ménage sa monture ! Les 10 premiers km sont roulants et nous permettent de dérouler jusqu’à Ainhoa (on en profite, ça ne durera pas!!) puis c’est bientôt la 1ère difficulté avec la montée sur le col de Méhatché à 716m et surtout la descente très technique sur Bidarray où nous commençons à comprendre que les Pyrénées, ce n’est pas les Alpes : le profil se veut bien plus technique, offrant moins de passages roulants, plus de roches et de chaleur ! ! Entre Bidarray et St Etienne de Baigorry, nous traversons une succession de sommets autour de 1000m, le soleil est écrasant et pour la seule fois de la traversée, nous manquerons d’eau. La source trouvée  vers le col d’Astate est providentielle et nous bénissons tous les saints des Pyrénées (Saint Yorre, et surtout Saint Plet en dégustant  ce nectar salvateur). A St Etienne, nous nous ravitaillons devant une superette, déjà dans le dur à cause de la chaleur, nous ne sommes qu’à 150m d’altitude et le pic de Munhoa nous attend en début d’après-midi… Après avoir traversé la vieille ville de St Jean Pied de Port, nous arrivons vers 20h à Esterençuby où nous nous installons dans la 1ère auberge que nous trouvons. Epuisés, les sourires reviennent avec une assiette du berger qui nous remonte le moral. Nous digérerons dans le lit, ravis, remplis et bien cuits.

 

Mercredi 10 juillet : Etape 3, Esterençuby-Arette la Pierre St Martin, 75 km

Le petit déjeuner avalé, nous débutons la montée sur la route qui se transforme ensuite en chemin jusqu’aux sommets d’Occabe. Les paysages changent, les sommets de bord de mer laissent la place aux alpages. Après une courte descente sur les chalets d’Iraty, nous franchissons rapidement le col de Bagargiak puis le col du pic des Escaliers. Une longue descente en balcon nous emmène jusqu’au gite Logibar (380m) où nous retrouvons la fournaise et décidons de casser la croûte à l’ombre autour d’1 sandwich. La 2ème partie est plus laborieuse (normal !), 1 000m de dénivelé nous attendent jusqu’au col d’Anhaou Kurutché à 1383m avant de rejoindre St Engrâce où nous prenons des forces pour la 4ème et dernière ascension : gâteau basque et tarte aux myrtilles ! Le ventre plein, nous attaquons la dernière ascension jusqu’au col de la Pierre St Martin à la frontière espagnole, qui annonce l’arrivée de la haute montagne. Vers 19h15, nous arrivons à la station du même nom et son refuge Jeandel où nous sommes accueillis en extraterrestres ! Sebastien Buffard, salué par les hôtes du refuge, nous rejoint dans la soirée, après un bon dîner, pour la prochaine étape.

 

Dans le col de la Pierre St Martin,

Jeudi 11 juillet : Etape 4, La Pierre St Martin – Gourette, 80km

Une journée mémorable et extraordinaire ! Le début de la journée est difficile, le terrain est rocailleux et rend la progression assez lente jusqu’au pas de L’Osque puis la descente sur Lescun s’effectue rapidement, enfin pour Mika et Seb, qui déroulent comme des locomotives. L'allure de Fred est plutôt celle d'un vieux tacot volontaire mais rouillé... Nous franchissons le col de Barrancq à une allure vertigineuse avec un Fred des grands jours , profitant d'un refain de vitalité, mais nous perdons un peu de temps à Etsaut où nous suivons le GR de St Jacques de Compostelle pendant 2km… Pas grave, nous reprenons notre marche en avant en direction du col d’Ayous car 1600m de dénivelé nous attendent en passant par le chemin de la mature qui porte bien son nom : une montée en plein soleil dans les rochers qui nous fera mûrir assez rapidement…Trêve de jeu de mots laids, la suite n’est que splendide avec un chemin en balcon qui se transforme en montée sèche jusqu’au col où nous cassons la croûte en contemplant le Pic du Midi d’Ossau.

 

Là haut nous rencontrons une personne faisant également la traversée et qui nous dira que le prochain col sera compliqué à franchir, nous poursuivons sans vraiment se soucier... Une magnifique descente nous amène de lacs en lacs jusqu’à Gabas à 1000m  d’altitude. Le temps commence à se couvrir mais rien de très menaçant pour l’instant. Un dernier col à 2500m d’altitude, la célèbre hourquette d’Arre nous fait les yeux doux en cette fin d’après-midi… Nous répondons à cette douce invitation et nous engageons dans l'ascension par un chemin en lacets dans la forêt qui débouche au pied de grandes falaises. L’orage commence à gronder. Heureusement pour nous, il est assez éloigné et la pluie cessera rapidement. Vers 18h, les choses se compliquent lorsque nous gagnons de l’altitude, la neige étant très abondante dans le secteur. Progressivement, le chemin devient impraticable et nous décidons d’attaquer droit dans la pente en alternant les névés et les pierriers. De moins en moins rassurés et voyant la progression ralentir implacablement, nous continuons tant bien que mal notre marche en avant. Etant donné la pente, nous savons que toute glissade sur la neige serait impardonnable. A ce moment là, notre plus grande inquiétude réside dans le fait que nous ne savons pas ce qui se présentera de l’autre côté de la crête devant nous. Nous comprendrons peu après que l’accès était compliqué sans équipement et surtout que nous avions tiré trop à droite (surtout Fred, qui avait choisi de grimper à même les éboulis...). Enfin arrivés au sommet de la crête nous constatons que la descente ne laissera pas le droit à l’erreur. Après une demi-heure de cheminement entre rochers et neige, Sébastien et Mika, parvenus au pied de la pente, guident de loin Fred qui fait le pantin entre deux falaises...Petit moment d'angoisse dont on rira plus bas, lorsqu'il sera parvenu de manière peu conventionnelle à rejoindre le groupe...Nous rejoignons enfin des pentes plus raisonnables au milieu des remontées mécaniques de Gourette. Tout heureux d’avoir vu nos émotions s’estomper, nous descendons les pistes (au sens propre !) jusqu’au pied de la station à plus de 20h. A l’arrivée, lessivés, nous prenons un bon repas en compagnie de Sébastien et Cécile Cambus puis rejoignons notre confortable hôtel à deux pas. Ces moments privilégiés durant lesquels nous partageons nos émotions tout en se reposant contribuent très largement à la bonne avancée de l'aventure. 

Vendredi 12 juillet : Etape 5, Gourette – Barèges, 65km

Après l’étape et les émotions de la veille, le réveil à 5h30 est difficile mais un bon petit déjeuner dans l’hôtel à base de céréales, crêpes, yaourt et salade de fruits nous redonnent la pêche pour attaquer la journée à la manière d'un Gargantua rassasié et ragaillardi. La 1ère ascension est courte jusqu'au col de Tortes et nous met en jambe. Le sentier laisse place à la route du célèbre col de l’Aubisque que nous empruntons, le gr étant impraticable à cet endroit. Peu après nous franchissons le col de Saucède à proximité de celui du Soulor pour redescendre sur le village d’Arrens Marsous. L’itinéraire jusqu’au lac d’Estaing est splendide malgré la colonie de taons qui nous attaquent dans la montée ! Au niveau du lac débutent les 1100m de dénivelé jusqu’au col d’Ilhéou à 2242m d’altitude. Jamais un col n’a aussi bien porté son nom ! Une collation rapidement avalée, nous redescendons sur Cauterets. A ce niveau nous décidons de sauter une partie de l’itinéraire qui passe par le cirque de Gavarnie en rejoignant directement Luz St Sauveur par le col de Riou (variante du gr 10) que nous emprunterons lors du GRP fin août. Le sentier est très accessible et chemine vers la station de Luz Ardiden par une pente très douce, de bon augure pour la course… Une longue descente nous emmène jusqu’à l’office du tourisme de Luz où nous prenons un bon coup sur la tête : au lieu des 5 km que nous avions dans l’esprit jusqu’à Barèges, on nous annonce 10km sur la route, le sentier ayant été abimé par les inondations du Gave. Le moral dans les chaussettes, surtout Mika, nous nous lançons dans l’ascension (c’est la route fermée du Tourmalet), au milieu d’un chaos d’engins et de bulldozers des travaux publics qui s’affèrent jours et nuit pour remettre en état la route ! Le spectacle est désolant, des trous béants où la route s’est véritablement affaissée empêchent l’accès à  la station ;  le débit de la rivière est impressionnant. Sous les encouragements des travailleurs, nous accélérons le rythme lorsqu’on nous annonce que le village est à 3km pour finir à une bonne allure de footing, emmenés pat un Mika à la foulée rendue svelte, légère et soutenue par l'imminence de l'arrivée… Comme quoi, même cramé, ça se passe tout dans la tête ! A 19h, alors que la pluie commence à tomber, nous franchissons le palier de l’Oasis (c’est le nom du gîte). Nous ne sommes pas seuls, un groupe de randonneurs et leur guide, sans doute pas assez fatigués par leur journée, dinent dans un vacarme assourdissant. Rapidement nous prenons notre repas pour nous allonger. La nuit sera bénéfique et plus calme que ce que l’on craignait.

Samedi 13 juillet : Etape 6 , Barèges – Loudenvielle, 48km

Le gr se poursuit par la route du col du Tourmalet puis bifurque à droite vers le col de Madamète : une ascension magnifique dans un décor glacière où rochers, torrents et neige ponctuent notre progression. A 2500m, nous contemplons la vue et continuons notre progression vers les lacs d’Aumar et de l’Oule. Le col du Portet se grimpe rapidement au milieu des remontées mécaniques de St Lary mais la descente jusqu’à Vieille Aure  (1400m de dénivelé négatif) nous casse bien les pattes. Fred, de plus en plus en difficulté dans ces   profils éprouvants, manque de lucidité,  chute et se fêle une côte après un roulé boulé dans un petit single en balcon avant que la pente ne s’accentue jusque dans la vallée où nous débouchons vers 12h. C’est drôle, nous arrivons à chaque fois aux points les plus bas quand il fait le plus chaud ! Dans le village départ du GRP, c’est un peu la panique, nous hésitons entre une pasta box rapidement avalée et un vrai plat assis et la fatigue accumulée prend le dessus : nous décidons de continuer jusqu’au prochain village, Loudenvielle, cela suffira bien pour la journée. Reste 10km et un col à franchir. Revigoré, nous nous installons en terrasse et commandons une bolognaise suivie par un riz au lait extraordinaire ! Parfois il suffit de pas grand chose ! En plein soleil, nous reprenons notre marche en avant mais l’arrêt n’est pas toujours bénéfique : Fred ressent sa côte notamment en descente et atteindre le village sera difficile. Surtout que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Mika est parti en éclaireur à la recherche d’un hébergement. Mais Loudenvielle, ce n’est pas bien grand et il n’y a pas d’hôtel, pas de place dans les chambres d’hôtes et les campings ne louent pas les mobiles homes à la journée. Nous devons faire 5km sur la route du col de Peyresourde pour rejoindre l’hôtel des cimes… 10 minutes de stop suffiront ! Cette arrivée de bonne heure (17h30) nous permet de nous reposer et de prendre du recul. Sébastien Buffard nous rejoint pour dîner et Fred, atteint au moral, renonce à continuer,  tout au moins pour l’étape du lendemain… La poursuite du périple lui semble désormais quelque peu illusoire et, seul, il aurait déjà pris une décision définitive...

Au col de Madamète

Dimanche 14 juillet : Etape 7, Loudenvielle – Eylie d’en Haut, 78km

En ce jour de fête nationale, nous partons à 5h20 avec Sébastien (sans Fred qui fera une journée auto-stop) sur la route du col de Peyresourde, récemment emprunté par le tour de France. Je n’avais jamais fait un col en courant c’est assez bizarre ! A 6 h30, le gérant du petit café en haut du col voit deux timbrés lui demander un café que nous n’obtiendrons pas, tant pis ce sera à Bagnières de Luchon. Quel plaisir d’atteindre les 4’30 au kilo dans la descente et de retrouver des sensations de coureur… A Bagnières, le gr continue vers le pic de Bacanère d’où nous apercevons la chaîne de 3000m des Pyrénées. Les Hautes-Pyrénées laissent la place à une petite partie de la Haute-Garonne où nous déjeunons, à proximité de Fos. La 3ème ascension de la journée nous mène vers le col  d’Auéran : le ciel est menaçant, nous craignons l’orage mais la brume qui accroche les nuages rend l’air frais et nous rassure. Nous atteignons le refuge puis l’étang d’Araing et finissons par une belle descente rapide et roulante en sous bois. L’averse qui débute est presque providentielle et nous rafraichit jusqu’à la fin de l’étape ! Cécile et Fred, qui a fait du stop jusqu’à St Girons, nous récupèrent et nous passerons les 2 prochaines nuits chez Séb et Cécile.

La vie est ponctuée de moments difficiles et heureux, il faut profiter des bons et rebondir après les mauvais, c’est ce que nous retenons de cette 1ère partie. La vie est faite aussi de rencontres et de partages : l’accueil de Sébastien et Cécile restera gravé en nous tant ils auront fait preuve d’une  générosité naturelle et sans pareille. Chez eux c’est un peu la journée de repos du tour de France (la soirée de repos peut-on dire plutôt !) avec toute la bienveillance en sus : lessive, douche chaude, repas… Autant de petites attentions qui nous métamorphosent. Fred, réchauffé par toute cette chaleur humaine, repartira le lendemain. Il le dira lui-même, sans eux et les compétences délicates d’infirmière de Cécile pour soigner sa cuisse, il aurait mis fin à l’aventure. Mika n’aurait sûrement pas trouvé les ressources pour continuer seul.

3000m pyrénéens depuis la montée vers le pic de Bacanère

Lundi 15 juillet : Etape 8, Eylie d’en Haut – Couflens de Betmajou, 42km

Une étape courte mais intense : au bout de 20km, 3 cols franchis (Arech, Clos du Lac et col de Laziès) et près de 2000m de dénivelé positifs. Au total ce sera 3500m jusqu’au col de la Core où nous décidons d’arrêter en bas de la vallée : c’est dur, Fred va mieux mais Mika est dans le dur. Nous arrivons en milieu d’après-midi chez Séb à St Girons et attaquons tous une bonne sieste réparatrice ! Le soir un bon restaurant clôturera notre aventure avec les ariégeois. Encore merci à eux. Le lendemain, nous sauterons 60km entre Couflens et Aulus les Bains.

Mardi 16 juillet : Etape 9, Aulus – refuge de Ruhle, 80km

Ce mardi, Sébastien nous dépose à 40’ du Port de Saleix qui nous met en jambe progressivement. La 2ème partie de l’aventure commence, nous sommes à nouveau 2 ! Col de Bassiès, étang de Bassiès, redescente sur Marc, refuge de Prunadière, Arties, barrage d’Izourt, Goulier, col de Risoul, d’Esquérus et de Grail, c’est une succession de montées et de descentes qui nous conduisent après 50km à Siguer où nous nous ravitaillons. Une longue ascension sur une crête en alpage nous conduit vers le pla de Montcamp où l’atmosphère devient particulière : le temps se gâte, il y a beaucoup de brume et de vent ce qui nous contraint à rester vigilants pour suivre la trace. Alors que le tonnerre gronde nous arrivons au pied du plateau de Beille. Il est déjà 18h15, nous souhaitons rejoindre le refuge de Ruhle (de toute façon il n’y a pas d’autre hébergement) donc nous mettons les bouchées doubles par une route puis une piste en direction du refuge. Comme les conditions météo se gâtent nous préférons réaliser l’ascension par le bas et monter au dernier moment dans le vallon qu’atteindre Beille puis le refuge par les crêtes. Sage décision car nous nous faisons enfin surprendre par le 1er véritable orage de notre traversée. Trempés et transis, nous cheminerons pendant 2h pour atteindre le refuge à plus de 2100m d’altitude à 20h15. Un très bon accueil,  une bonne couverture pour Fred qui grelotte comme une outre qui aurait avalé un portable coincé sur vibreur (à moins que ce ne soit un âne), une bonne soupe et nous voilà réchauffés !

Mercredi 17 juillet : Etape 10, refuge de Ruhle - Bolquère, 50km

 

Nous en avons fait régulièrement l’expérience : chaque grosse étape précède souvent une journée plus laborieuse. La progression à partir du refuge est délicate : pierriers, névés en pente raides nous conduisent par la crête de la Lhasse jusqu’à Mérens les Vals dans un décor de haute montagne. Fred souffre véritablement dans ces portions, et à chaque pas qu'il effectue il sait ce qu'il doit à Mika qui l'accompagne, patient et humble.

En quittant le refuge de Ruhle vers les crêtes de la Lhasse

A Merens, nous traversons tant bien que mal la route très fréquentée (nous n’avions plus l’habitude) qui conduit jusqu’en Andorre et attaquons la 1ère véritable ascension de la journée, 1300m jusqu’au porteille des Bésines. Des rochers, toujours des rochers…que Fred commence à  insulter dans un délire pré-diluvien, convaincu que de mauvais lutins les aurait disposés là en vue de notre passage... et une descente terrible vers le refuge du même nom. Cuits, nous cassons la croûte au refuge et même un âne pas attaché voudra nous piquer notre repas. A noter que si vous souhaitez joindre Fred par téléphone, c’est peut-être l’animal qui répondra car à force de combativité, il en oubliera son appareil là-bas…Comme quoi on peut être smartphone et se faire avoir par un âne!  Deux cols plus tard (Coma d’Anyell et Portella de la Grava) nous rejoignons enfin une descente roulante au bord du lac des Bouillouses vers la station de Font Romeu. Nous terminons finalement sous l’orage jusqu’à Bolquère où nous passerons la nuit.


Jeudi 18 juillet : Etape 11, Bolquère – refuge des Cortalets 2150m, 60km

Fred ressent des débuts de tendinites, il faut que ça chauffe, ça tombe bien, le début est roulant et pas technique du tout jusqu’au col Mitja à 2367m (Pour info nous sommes depuis hier dans le 66…). La descente droit dans les cailloux vers le refuge du Ras de la Carança est déjà plus compliquée. Nous faisons le plein d’eau et attaquons la 3ème difficulté, le coll del Pal puis la descente sur Mantet et la remontée sur le col du même nom 200m plus haut, autant dire que ça n’arrête pas ! Nous mangeons un sandwich là-haut avant la descente sur Py. La 2ème partie de journée est épuisante mais magnifique : après les cols de Jou, du Cheval Mort (comme nous) nous atteignons le refuge de Mariailles sous l’orage et nous mettons à l’abri une demi-heure, le temps d’avaler 1 café et un paquet de petits-beurres. Nous en profitons pour appeler le refuge des Cortalets à normalement 5h de marche, il est 16h30. Sous les regards étonnés du gardien nous repartons tambour battant sur un chemin qui deviendra progressivement technique. La pluie a cessé mais le tendon du releveur commence à faire souffrir Mika, en plus des genoux de Fred… Dur dur… Nous arrivons après 2h d’effort à destination, avec même 20 minutes d’avance sur l’heure du repas ! Nous lui ferons d’ailleurs sa fête : soupe et paella nous conviendront à merveille ! Nous terminerons même par un (gros) bout de chocolat noir aux noisettes…Comme dit la chanson (dont Mika connaît les paroles par cœur), c'est bon pour le moral !

on soigne les tendons au refuge !
Vendredi 19 juillet : Etape 12, refuge des Cortalets - Perthus, 70km

Il reste 100km en 2 jours. Ce matin nous décidons d’en faire le plus possible avant le lendemain, sachant que notre corps nous fait souffrir : les genoux et la côte pour Fred, le tendon du releveur gauche pour Mika. A grandes doses de flector et d’arnica, nous commençons la journée par une descente abrupte (les petits lutins en prennent pour leur grade) puis un chemin en balcon sur lequel nous pouvons nous dégourdir les jambes. Une longue descente de 26 km nous permet de rejoindre Arles sur Tech où nous nous ravitaillons : Fred pétera 1 plomb à la superette face à une caissière presque aussi lente qu'ue lui dans les descentes pendant que Mika passera à la pharmacie pour racheter des anti-douleurs…Vive la chimie ! Les paysages changent, la pinède reprend ses droits et nous craignons la chaleur. Nous franchissons le coll de Paracolls et atteignons le gîte du Moulin de la Palette. L’accueil y est très chaleureux et cela fait du bien au moral avant de prendre la direction du Roc de France. Il n’est que 13h mais l’orage menace et nous nous abritons de la foudre, avant de rejoindre les crêtes. Pendant plus d'une demi-heure, de la pluie forte et de la grêle nous refroidiront. Pensant que le temps se calme nous reprenons notre chemin et essuyons quelques petites averses à la limite de la frontière espagnole. Rapidement nous descendons sur le hameau de Las Illas. Mika souhaite alors s’arrêter pour la journée après 55km. Il en reste 45. Fred souhaite continuer. Après négociation nous mangeons un bon gâteau au chocolat dans un restaurant le temps de réserver un hôtel au Perthus 15km plus loin… C’est le deal ! Après 1h40 (ce qui est rapide par rapport à notre allure générale) et le col du figuier (qui n'existait pas) franchi, nous atteignons le Perthus. La descente est très douloureuse pour les tendons et interminable surtout quand il faut faire des détours, juste  pour admirer un fort pour lequel les touristes parcourent des centaines de kilomètres, mais que l'on aurait préféré voir rasé au temps des templiers, juste pour écourter les souffrances ...Culture torture !… Arrivés à l’hôtel, nous prenons une bonne douche puis cherchons un restaurant. Le Perthus, haut lieu de la culture et de la gastronomie espagnole ! Aguiché par le rabatteur d’un restaurant, nous débarquons dans un lieu « salsa » en short d’athlé et en baskets…Episode burlesque à mourir ! L’avantage avec la crise en Espagne c’est que l’on mange pour pas cher et ce soir là, on se moque pas mal de la qualité : pizza et banana split nous suffiront.

Samedi 20 juillet : Etape 13, Perthus - Banyuls, 32km

Comme nous sommes heureux de savoir qu’il ne nous reste que 30km… Dès le 1er pas nous avons mal mais nous serrons les dents jusqu’au bout ! 1000m de dénivelé nous attendent encore jusqu’ au pic Neulos à 1230m, dernière véritable ascension,  puis c’est une succession de petits cols à franchir les uns après les autres... La mer, exigeante,  n’est toujours pas visible ! Au pic de Sailfort, à près de 1000m d’altitude, nous apercevons Banyuls : il reste 10km à parcourir. Le début de la descente est terriblement abrupte et nous fait souffrir...C'est à ce moment que Mika entame un discours ouvert sur l'efficacité des fonctionnaires chargés de l'entretien des sentiers, qui n'a d'égal que la réfexion profonde de Fred concernant les descentes dans les roches pyrénéennes... C’est bizarre à entendre mais nous préférons les montées… A 11h, après 5h24 d’effort, nous arrivons dans Banyuls, la douleur et la souffrance laissent place à l’émotion. Des sensations indescriptibles nous parcourent. Nous rejoignons tout d’abord notre voiture (ouf, toujours là !) puis parcourons les 500 derniers mètres jusqu’à la plage où nous exultons ! Ca y est c’est fait ! Nous l’avons fait ! Baignade, photos, nous profitons de ces moments de bonheur avant un petit resto en bord de mer.

Car une autre aventure nous attend…


A 14h, nous reprenons la voiture en direction de Briançon où se tient le stage annuel de préparation du Team New Balance. On a tant de choses à raconter aux potes. A 20h nous atteignons la plus haute ville d’Europe et son centre d’oxygénation et partageons un repas avec toute l’équipe.

Merci à tous les soutiens durant cette aventure et un énième remerciement à Sébastien Buffard et Cécile Cambus sans qui cette aventure aurait sans doute connu une autre issue.

Frédéric Desplanches et Mikaël Pasero.

Team New Balance




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