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   Face to Face Stéphane
20/10/2011

Rencontre avec Stéphane Couleaud  un ultra runner en version XXL ! il enfile les kilomètres tous les mois, en
tentant même des choses en cumulé comme en 2009 à Crest devenant avec Chritian Bouteille l'inventeur du Challenge Hero "rebaptisé Challenge Charles & Alice" et un cumul de 105 et 43 km le lendemain,
Stéphane c'est aussi celui qui nous à fait vibrer sur le Tor des Géants 2011, une course mangnifique, alors en 3e position à 7 km de l'arrivée
le drame !!
Avant de revenir sur cette épisode, faisons connaissance avec ce montagnard d'adoption...  


     
URW : première  question, quelle est ta motivation, pour tenter des enchainements comme ccc+ tds, etc.. ?

En 2009 j'étais effectivement reparti sur la TDS après avoir
terminé la CCC, mais je m'étais arrêté après 10km. De lassitude. Il faut
dire que trois semaines avant nous avions battu le record de la traversée
des Pyrénées en 10 jours et 10 heures avec mon pote Lionel Planes (
Transpyr )
La motivation c'est de comprendre jusqu'où notre corps - et notre esprit -
est suffisamment malléable pour le faire aller plus loin. Le corps en
comprenant les mécanismes qui permettent de le formater à ce genre d'effort
(par ex prendre 10 jours de repos avant une longue épreuve est juste une
grande erreur, l'épreuve étant alors perçu comme une anomalie et donc un
générant des traumatismes), la gestion du sommeil et des temps de repos.
L'esprit ensuite pour comprendre comment garder de la motivation à avancer.
En 2009 sur la Transpyr, au bout de huit jours, avec Yoyo on ne rèvait que de
prendre le temps de s'arrêter autour d'un lac ou sur la terrasse d'un
refuge, d'arrêter la course derrière le chrono.
 
Tor des Géants en 2010 raconte nous ?
 
j'ai terminé 37° en 118h. Juste que je me suis arrêté 13h au refuge
Bonatti, à 10km de l'arrivée pour soigner un releveur droit qui s'est
complètement bloqué dans la montée du dernier col (Col de Malatra). 13h à
mettre de la glace dessus. J'étais alors 12ème de la course pour finir en
environ 103h (sur la base de moins de 90h cette année).

Pourquoi retourner à cette course ?
 
Le voyage est magique. Une succession de cols dont plusieurs à plus de
3000m. Des paysages magnifiques (Refuge Coda, avec la pleine lune, vue à
360° sur la plaine du Pô et le Mt Blanc qui brille), et une ambiance superbe
tout au long. Une organisation très pro et décontractée.
Ensuite c'est la seule sur ce format : traversée de massif ou suivi d'un GR
(ici la Via Due et Uno du Tour du Val d'Aoste) en mode non-stop. Très
intéressante justement pour travailler sur la durée (environ 4 jours) et
maximiser la stratégie des arrêts.

Ta préparation en rapport de 2010 ?

Aucune, du moins rien de structuré. Juste faire du spécifique, c'est à
dire que mes footings consistent en des montée de 1000D+ en 1h15, avec
parfois des descentes à fond la caisse. Les week end des sorties rando
longue avec des amis. L'hiver ski de fond et de rando en ne courant presque
pas. Du coup le corps est formaté pour la montagne, l'hiver je repose les
articulations et tendons qui travaillent le plus en course à pied. Cet été j'ai enchainé qualques ultra également (Lavaredo, Andorra, GRP) afin là aussi de formater le corps à l'exercice.En fait la grosse différence par rapport à 2010 c'est que je disposais de
repères en connaissant le parcours, et en ayant un premier retour par
rapport à mes temps de repos. J'ai donc pu maximiser, et avoir un niveau de
confiance mental bien supérieur.

Ton objectif en chrono ou place avant le départ ?

En place idéalement dans les 10 premiers, même si je me voyais plus dans
les 20 avec le plateau plus relevé et nombreux qu'en 2010.
En chrono une base sur 96h (avec un meilleur à  93h, et un pire à 103h)



Tu réalises un 1/3 en étant au contact des premiers, stratégie ?

Ne pas regarder le classement avant la mi-course (Donnas), et gérer la
mienne en fonction de mes sensations. Dormir peu (entre 10mn et 1h max) mais
régulièrement et ce dès la première nuit  (ici à Eaux-Rousses, comme en
2010). Ne pas attendre d'être épuisé pour dormir, ne pas se mettre dans le
rouge physiquement pour laisser le corps se formater pendant les deux
premier jours.

Ton 2/3 tu vas partir devant et remonter des coureurs pour t'installer 4e,
tu penses quoi à ce moment de la course ?


Que c'est magique, mon corps s'est installé dans une routine (rythme
régulier, aucun soucis physique, estomac contracté), exactement comme je
l'ai théorisé. En terme de stratégie, je veux mettre puis garder un écart
conséquent (2 à 3h) avec mes poursuivants immédiat, et garde l'espoir de
remonter ceux de devant. Je sais par expérience qu'ils peuvent brusquement
perdre pied, surtout ceux qui attendent d'être épuisé pour se reposer. En
2010 Uli avait dormi 10h à Coda après avoir mené la course à bon train. Il
avait ensuite terminé la course à un rythme beaucoup plus lent, toujours à
la limite de l'épuisement. C'est aussi ce qui est arrivé je crois, dans une
moindre mesure, à Christophe Le Saux avant Ollomont. Egalement les pépins
physique peuvent jusqu'au dernier moment bloquer une progression. Cette
année c'est Salvador Calvo qui en fait les frais avec son abandon après
Gressoney après avoir mené la course avec Christophe.

A quel moment tu as compris que tu pourrais pas terminer ? que se passe
t'il dans ta tête, et sur le terrain ?


Lorsque je m'effondre à terre 15 mn environ après avoir quitté  le
refuge Bonatti. Je suis incapable de me relever, sur le chemin, au milieu de
rien ni personne, à environ 2000m. Je passe automatiquement en mode survie,
et cherche la solution pour me tirer de là. Je viens de perdre mon
autonomie, il me faut de l'aide. Après quelques coups de fils, je comprends
vite qu'il va falloir du temps pour que l'on vienne me chercher (presque 3h
dans les faits), donc comment me protéger au mieux pour attendre jusque là.

Tu as eu quoi exactement ?

Coup de chaleur à Saint Remy/Bonne, montée laborieuse au Col de Malatra en
titubant, perte de lucidité à Bonatti, effondrement physique 15mn après.
Ensuite est venu l'hypothermie.

Sur le terrain comment les choses se sont passées avec les secours ?

Une fois arrivée sur place (4x4 puis à pied, il faisait nuit donc pas
d'hélico possible), super sympa et ils ont tout fait pour me rassurer et me
mettre à l'aise. Ils m'ont trouvé endormi et en hypothermie et ont trouvé
des solutions simples pour me ramener : me frotter et me faire marcher
ensuite en me portant.

Maintenant que tu es sain et sauf, ton analyse ?

Je pense que le final est une zone à risque sutout pour les premiers qui
dorment relativement peu (3h40 pour moi, d'autres encore moins). Chaque
année à son lot de perte de lucidité sur les 10 derniers kilomètre. Un pacer
ou accompagnant serait surement une bonne solution sur cette zone. En tous
les cas un membre de l'organisation devrait être à Bonatti, de préférence
infirmier ou médecin, et vérifier même sommairement l'état psy du coureur.
Ensuite je pense qu'avec un dossard il est possible de se mettre dans des
états peu souhaitable. Je compte bien réfléchir à froid à la question de
manière plus globale sur mon rapport à la compétition.

C'est pas une course trop dur ?

C'est une question de gestion. Je souffre bien plus sur des relais
américain de 700m ou des 10km routiers.

Ton impression général sur les courses et l'ultra ?

Il y a une énorme diversification des épreuves, et c'est génial d'avoir
un tel choix. J'adore la tendance que nous avions anticipé avec la Transpyr,
qui est de proposer des traversée de massifs ou des GR en mode d'auto
gestion en non stop. A quand une traversée des Alpes ? (l'actuel GTA est par
étapes imposées).

Les listes à rallonge dans le règlement au niveau sécurité ?

Dans le monde des bisounours je dirais à chacun de gérer ce qui lui
semble nécessaire en cas d'arrêt prolongé en fonction des prévisions météo.
Hélas peu de gens ont cette expérience ou tout simplement même cette
réflexion. Alors oui il faut imposer une liste qui me semble toujours trop
minimaliste (j'ai toujours plus), bien qu'elle apparaîtra complètement
disproportionnée aux yeux d'un coureur qui va bien et par beau temps. Il ne
faut pas se leurrer, un coureur sans équipement typé montagne tiendra très
peu de temps, surement moins d'une heure ou deux, à l'arrêt et dans de
mauvaises conditions météo. Les secours n'arrivent jamais aussi rapidement,
à fortiori de nuit ou par par temps de brume. Encore faut il avoir pu les
prévenir ! (zone d'ombre GSM, perte de conscience).



Et pour Finir Le jeu des 3 Questions « direct, cash », ici les réponses
c’est pas forcement sport :

URW : Ta plus grande joie 2011 ?

Mon installation en résidence principale et ma socialisation à Chamonix.
Depuis le temps que je "cours" après !

URW : Ton plus grand Regret ?
 
Ne pas avoir encore trouvé l'équilibre parfait famille/travail/loisir
dans la région (encore de nombreux allers et retours sur Paris). Mais ce
n'est pas vraiment un regret, juste à un objectif qui reste encore à
atteindre.

URW : Si tu pouvais remonter le temps, tu changes quoi et pourquoi  ?

Je m'arrête à Bonatti, dors 30', passe 15' à boire et manger, et je repars tranquillement en marchant. C'est tout simple, non ?
Un autre truc que je ferais bien, c'est de demander à un copain trailer qui me connait suffisamment de m'attendre à St Remy/Bonne pour m'accompagner sur le dernier tronçon.

Merci Stéphane  ! Bonne récupération et rendez vous pour une prochaine aventure !!! 

Retrouvez l'aventure de Stéphane sur :  http://stephanecouleaud.blogspot.com/2011/10/tor-des-geants-2011-edizione-2-1114.html




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